Le canton de Vaud a un objectif clair : optimiser les performances énergétiques de ses gymnases tout en garantissant le confort des utilisateurs. Pour y parvenir, Amstein + Walthert a su conjuguer son savoir-faire technique et sa capacité à fédérer, et a déjà permis d’éviter des émissions de CO₂ d’environ 28 tonnes, après seulement un an. Retour sur une démarche inspirante qui fera sans doute des émules.
Alors que le défi technique et la minutie nécessaire à une démarche de cette complexité retiennent l’attention de prime abord, Yoan Pétremand, responsable du département controlling énergétique chez Amstein + Walthert Lausanne, insiste, lui, sur l’importance du paramètre humain dans le processus, soulignant son rôle d’accompagnateur et de formateur des personnes de terrain. « Si on n’arrive pas à embarquer tous les acteurs dans le processus d’optimisation du fonctionnement des installations techniques, la démarche ne peut pas aboutir à un succès et à la pérennité des performances énergétiques », explique-t-il. Ainsi, les ingénieurs de la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP) du canton de Vaud, les concierges ou encore les exploitants qui gèrent les installations sur le terrain et toutes les personnes concernées ont été impliquées dans le processus.
Une cinquantaine de bâtiments audités
La première étape a consisté à créer un inventaire complet et détaillé des installations techniques existantes. Pour ce faire, durant quatre mois, les équipes d’Amstein + Walthert ont audité les dix gymnases vaudois, ce qui représente 45 bâtiments, en compagnie des services techniques locaux. « C’était un véritable travail de détective pour comprendre le fonctionnement – et les éventuels dysfonctionnements – des différents dispositifs de chauffage, ventilation, climatisation, sanitaire, électricité et d’automatisme du bâtiment », raconte Yoan Pétremand. Cette première cartographie a permis de comprendre le fonctionnement dynamique des installations techniques, les réglages actuels et de vérifier qu’ils soient en adéquation avec les besoins énergétiques et l’utilisation des locaux. Sur cette base, des recommandations de réglages ont pu être proposées et validées.
Dans un deuxième temps, les experts d’Amstein + Walthert ont implémentés des modifications de réglages en partenariat avec les exploitants afin d’optimiser la consommation de chacun des immeubles. Plusieurs paramètres peuvent être pris en compte, comme par exemple les heures et les jours d’occupation des salles. Le chauffage peut, par exemple, être réduit significativement lorsque les locaux ne sont pas occupés en fin de journée, durant les week-ends et les vacances. La fonction des pièces est également prise en compte, il n’est pas nécessaire de chauffer une salle de gymnastique à la même température qu’une salle de classe, par exemple.
Cette phase de réglages et de tests permet également de mettre au jour certains défauts techniques, comme une pompe à chaleur déficiente qui n’assurerait plus la production de chaleur correctement.
«Les ajustements Ils ont permis de réaliser une économie d’énergie significative de plus de 11%, ce qui représente 28 tonnes de CO₂ économisés.»
Des résultats impressionnants, des avantages multiples
Après un an, soit une saison de chauffe, les premiers effets des ajustements mis en place par les équipes d’Amstein + Walthert peuvent être calculés. Ils ont permis de réaliser une économie d’énergie significative de plus de 11%, ce qui représente 28 tonnes de CO2 économisés, obtenue uniquement en optimisant les réglages, sans aucun changement au niveau de l’infrastructure existante. Ces chiffres sont évidemment calculés en tenant compte des variations de températures extérieures, ce qui permet d’affirmer qu’il s’agit de réelles économies d’énergie et pas de variations liées à la météo.
Au-delà du gain financier et environnemental, l’opération permet d’améliorer les compétences des exploitants qui connaissent désormais mieux les installations dont ils s’occupent, des systèmes parfois anciens (donc peu documentés) ou complexes, avec des sites comptant plusieurs bâtiments. L’inventaire complet réalisé en début de mandat offre également une vue d’ensemble parfaitement détaillée et permet à la DGIP d’améliorer les processus d’exploitation, de maintenance et de planifier les futurs investissements. Enfin, à plus long terme, le suivi énergétique mis en place par la DGIP permet un monitoring continu des consommations afin d’identifier les éventuelles dérives et intervenir rapidement lors de dysfonctionnements.
La démarche d’optimisation s’effectue de manière itérative sur plusieurs années avec différentes phases de réglages. La prochaine saison de chauffe qui s’annonce permettra d’affiner les réglages initiés l’hiver dernier, afin de poursuivre l’optimisation énergétique des quelque 145'000 mètres carrés de surfaces que représentent les gymnases vaudois. Avec, au final, de nouveaux gisements d’économie d’énergie à identifier et à exploiter.


